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vendredi 22 février 2008

Les Bourdieuseries expliquées à ma fille

Pour ceux qui ne sauraient pas ce que le relativisme culturel veut dire, ce que cache la baudruche Bourdieu, sa responsabilité dans le naufrage de l'école publique, allez faire un tour sur le blog du potiron breton, extrait :

(..)Donc Oust! Peste soit de la facture classique, et bienvenue aux gentils IUFM! L’idée est de revoir les exigences à la baisse, pour que tout le monde accède, non pas au savoir, mais aux diplômes.C’est un peu comme si un entraîneur de foot, constatant que courir est fatigant, proposait à ses joueurs de jouer au pas...Imaginez la banane qu’ils prendraient en championnat Donc: A nous l’illusion de la démocratie. On lit les textes d’NTM en cours de français, on fait débattre des enfants de 12 ans en éducation civique ("discipline" qui change de nom tous les ans, et qui consiste en une sorte de thérapie de groupe). C’est bien l’ignorance qui est enseignée...mais elle l’est démocratiquement. A personne ne serait venue l’idée de, justement, mettre le paquet sur les élèves moins privilégiés, de dispenser le savoir coûte que coûte, vaille que vaille...Grand (bour)Dieu non! Car ça, voyez-vous, c’est "violent"...C’est de la "violence symbolique", même! Or, toute violence est proscrite, car suspecte de crypto-sympathie pour la bête immonde.(...)

Allez aussi >>> écouter cette émission d'Alain Finkielkraut - farouche anti-bourdieusien - sur France Culture



16 commentaires:

  1. Je crois qu’il faut distinguer le relativisme descriptif et le relativisme normatif. Le relativisme descriptif consiste à dire qu’une proposition n’a de sens que dans un contexte sémantique, culturel, social, donné, et que toute structure, tout projet politique est la résultante, dans un tel contexte, de rapports de force sous-jacents. Cela me parait une évidence. Le relativisme normatif consiste à tirer de la constatation précédente l’idée que tout se vaut, que n’importe quoi marche aussi bien que n’importe quoi, ou que toute hiérarchie, en tant qu’elle exprime un rapport de domination, se doit d’être abattue. Cela me parait en revanche parfaitement crétin. Or, il y a dans Bourdieu les deux aspects. La critique de Finkielkraut porte très justement sur le deuxième aspect. Finkielkraut ne reproche pas à Bourdieu de constater que la culture est une affaire de transmission ou de reproduction… Il lui reproche d’en tirer la conclusion que la culture ne doit plus se transmettre pour éviter la reproduction des élites. Attention donc de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. « Méditations pascaliennes » de Bourdieu est un très beau livre, que je recommande à tous.

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  2. Les mesures concrètes inspirées de ses textes sont catastrophiques. Il me semble aussi, pour en avoir lu pas mal, (pas les Méditations pascaliennes cependant) que Bourdieu est aussi un grand enfonceur de portes ouvertes. Seulement il le fait avec des études à la main et en soignant sa parlure.
    En outre, ce que dit fifi sur cette courtisanerie bourdieusienne est tout à fait juste.

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  3. "Le relativisme descriptif consiste à dire qu’une proposition n’a de sens que dans un contexte sémantique, culturel, social, donné, et que toute structure, tout projet politique est la résultante, dans un tel contexte, de rapports de force sous-jacents."

    Le problème c'est que justement, la socio n'est pas la linguistique, qu'entends-tu par proposition ?

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  4. Je crois personnellement à une morale universelle. Même si c'est peu flatteur à l'heure actuelle...
    L'anthropologue européen en train d'admirer un ignoble rituel de mutilation renonce à ses propres valeurs pour le plaisir de prouver à lui-même et au monde à quel point il est sage et tolérant. Très peu pour moi.

    Même si ensuite on risque d'être accusé de racisme comme ici:

    "Dr Ezembe : La France attaque l'excision parce que c'est avant tout une pratique africaine. Elle a elle même abrité au 19è siècle, un éminent chirugien, le professeur de Broca, fondateur de l'école anthropologique française qui conseillait l'excision. J'attends le jour où des Africains pourront proscrire une pratique culturelle française sous prétexte de barbarisme."

    Je crois que le bourdieusisme est énormément teinté de ce plaisir narcissique de se forger une belle âme au dépend des défenseurs de l'universel et de leurs vieux principes (pourtant bien antérieurs aux monothéismes).

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  5. Je suis entièrement d’accord sur les mesures concrètes inspirées de ses écrits. Et le personnage était souvent déplaisant. En revanche le côté enfonceur de portes ouvertes me gêne moins. Après tout, beaucoup de gens prétendent qu’il y a par nature des structures politiques ou sociales idéales, ou que l’art ou la philosophie donnent un accès privilégié à l’ « être ». Rappeler qu’un homme politique, un artiste ou un philosophe ont une activité sociale ou intellectuelle qui ne peut se comprendre que dans un contexte donné, largement conditionné par des rapports de force ne me parait pas forcément malsain.

    Une proposition, c’est une phrase- portant sur n’importe quel sujet- à laquelle il peut être associé ce que les philosophes analytiques appellent une valeur de vérité. Elle pourra donc être vraie ou fausse. Mais pour moi, cette attribution d’une valeur de vérité ne peut intervenir que dans un contexte donné. Même 1+1=2, c’est relatif en ce sens. Une goutte d’eau plus une goutte d’eau, cela ne peut faire qu’une goutte d’eau (plus grande peut-être…)

    Je ne crois pas à une morale universelle. Et pourtant, cela ne m’empêche pas de partager les mêmes convictions que toi (sur l’excision en l’occurrence). Je ne vois notamment pas pourquoi j’aurais besoin de justifier une conviction « dans l’absolu » pour la défendre.
    En conséquence, je ne condamne pas de telles pratiques parce qu’elles sont contraires à une conception absolue de la morale- le Dr Ezembe a sans doute sa propre conception de la morale, tout aussi absolue- mais tout simplement par ce que je ne souhaite pas vivre dans une société qui les tolère.

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  6. "En conséquence, je ne condamne pas de telles pratiques parce qu’elles sont contraires à une conception absolue de la morale- le Dr Ezembe a sans doute sa propre conception de la morale, tout aussi absolue- mais tout simplement par ce que je ne souhaite pas vivre dans une société qui les tolère."

    Oui, c'est tout à fait acceptable, (une façon délicate de renoncer aux idéaux humanitaro-coloniales au passage). Mais cependant, ta position devient terriblement fragile face aux tenants du multi-culuralisme qui te diront "Pas de problème mr, vivez dans votre société, nous ne voulons pas autre chose : de multiples sociétés aux valeurs autonomes coexistantes sur un même sol". Ce que nous "proposons" au sein de nos communautés ne regarde que la morale propre à chacune d'entre elles.

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  7. Ma position est fragile si les sociétés sont effectivement indépendantes les unes des autres. Et je reconnais que j’ai peu d’arguments pour défendre les femmes qui vivent au fond de la brousse africaine, à part le simple dégout que je ressens à les savoir victimes de pratiques qui me répugnent. Mais je n’ai pas de mal à défendre l’idée selon laquelle dans nos sociétés modernes, les pratiques et les idéologies interagissent les unes sur les autres. A partir de ce moment, soit j’arrive à convaincre mon interlocuteur que la société sera plus agréable pour tout le monde s’il renonce à ses pratiques, soit il arrive à me convaincre, avec ses propres arguments pragmatiques (j’attends toujours…), soit le conflit est inévitable et la victoire ira au plus fort.

    Ce que je voulais dire ici, c’est que je ne vois pas bien ce qu’on gagne en efficacité, ni en force de conviction, à se référer à une morale absolue pour justifier ses positions… Mais chacun se débrouille comme il peut avec sa propre psychologie !

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  8. On a besoin de convaincre personne...
    Et on entame pas un dialogue dans lequel l'adversaire a appris à jouer en virtuose de ce relativisme et de notre "déclaration des droits de l'homme"... Ecrite par des gens qui croyaient à l'universel, elle devient une arme hyper efficace dans une société multi-culture, multi-morale, multi-machins.
    L'avantage de l'ethnocentrisme c'est que t'as pas besoin de négocier, tu cognes du point sur la table et soit on s'aligne soit ça barde pour le récalcitrant...

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  9. J'entends, une arme efficace pour te faire avaler des couleuvres.

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  10. Je pense que le fait que les opinions soient ethnocentrées ne leur donne aucune légitimité particulière… Donc pour moi, l’argument tiré de l’ethnocentrisme n’a aucune valeur pour faire prévaloir une opinion sur une autre. Mais cela ne rend pas les opinions moins ethnocentrées pour autant ! Cette nostalgie de l’universel est absurde. Aussi bien chez les défenseurs de l’universel de la différence que chez les défenseurs de l’universel de l’identité…

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  11. Mais justement, avec l'ethno centrisme, tu donnes une situation d'énonciation à tes propositions... Ce qui les rends un peu plus convaincantes.

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  12. Ce n'est pas de la "nostalgie", c'est une position épistémologique. L'existence d'un principe moral universel.

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  13. Mais tout le monde part d’une situation d’énonciation ! La différence est entre ceux pour lesquels cette situation est une arme de rhétorique et les autres ! Mais on n’est pas obligé de se laisser prendre à ce type de rhétorique.

    Il faut revenir à Max Weber et à la distinction entre l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité.

    Si je me tiens à la première, évidemment, je rendre dans un procédé de justification de mes opinions où la situation d’énonciation va jouer un rôle. Mais qu’est-ce qui empêche le contradicteur du Dr Ezembe de se prévaloir de sa propre situation d’énonciation ? La honte ? De quoi ?

    En tout état de cause, si on se tient, comme je le propose, à l’éthique de responsabilité, chaque action sera appréciée en fonction de ses conséquences. Et là le conflit ne sera plus entre les situations d’énonciation mais entre les projets de société. Au moins les choses seront claires et la situation d’énonciation des ethnocentristes ne leur sera plus, en tant que telle, d’aucune aide rhétorique.

    Je suis désolé, mais j’ai trop lu Schopenhauer pour comprendre ce que peut être à un « principe moral universel »…

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  14. Pire! je ne vois même pas trop à quoi cela pourrait bien servir...

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  15. Il y a deux chose différentes. Je suis persuadé de l'existence de principe moral universel mais je sais aussi que cet argument n'a plus aucun poids.

    En revanche, tu n'as pas remarqué l'existence du double discours qui consiste à agir et à prétendre que ce qu'on fait est fait au nom d'une éthique diamétralement opposée à celle qu'on suit réellement ?

    Un discours relativiste est virtualisé, contrairement à ce que tu dis. C'est même le but du relativisme d'arriver à cette abstraction anaphorique. On arrive à dénier totalement la réalité. C'est pratiqué constemment.
    Dans un monde post-colonial, quand les identités des peuples sont menacés sur toute la planète, abandonnons l'universel, soit ! Mais alors il devient nécessaire de tenir compte du lieu d'énonciation du locuteur. Deictiquement, physiquement. Et ceci pour ne pas subir nous même une autre colonisation.
    Les jacobins appelaient ça l'assimilation...

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  16. Il manque des saut de ligne, etc..
    pardon pour la syntaxe, l'ortho, la ponctuation et la construction, cette saloperie de messagerie blogger est franchement mal foutue.

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Attention, lapin méchant!