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La vidéo à grandes oreilles qui te croque le cerveau :

mardi 19 février 2008

Moi Charlotte Simons



Moi, Charlotte Simmons

Quel est le point commun entre un vieil écrivain américain et un vénérable imam des montagnes ?
L'amour des jeunes vierges pratiquantes, évidemment… Celle de Tom s'appelle Charlotte. Puritaine ricaine typique, la moindre grossièreté, le plus petit "merde" prononcé en sa présence, la choquera comme un crachat lancé pleine face. Ce qui étonnera le Gaulois.
Donc, Charlotte, la vierge des sommets, l'olympienne, a reçu une excellente éducation à l'antique, avec un maitre (une vieille demoiselle très pure), au sein d’une famille pauvre et pieuse.
Elle va descendre sur terre, fréquenter la Dupont université et mettre plus de 600 pages à se faire déniaiser souiller. Le fric, la coolitude et les premiers verres de vin vont permettre à un beau gosse de campus de lui arracher les ailes… La chtite libellule en fera une dépression.
Ainsi, celle qui transformait le basketteur en disciple de Socrate, l’ange de lumière qui éblouissait son prof de "neurosciences"(1) et avec lui tous les garçons et les filles qu’elle croisait, se retrouve en enfer,
fatalitas et axis mundi comme disent les Roumains… Mais ne vous inquiétez pas, tout finira bien.

Bon, je vous accorde que "Moi Charlotte Simons - Charlotte Simons c'est moi" ou l'influence flaubertienne sur la construction romanesque etc... Ca aurait été plus chic... Mais fuck comme disent les jeunes…

Qu’essaye de nous dire ce vieil universitaire avec ce pavé filandreux de 1000 pages ? Car il aime délayer notre Flaubert US…
Des choses dont on se doutait, que les campus universitaires américains sont des zoos. Peuplés d’une meute d’ados en rut. Perpétuellement alcoolisés, ils forniquent sans pudeur dans tous les coins, font leurs besoins en commun, pire que chez Céline, ils pratiquent à présent le communisme mixte du caca… Tout ça sur fond de rap qui fait écho à la débilité profonde de ces jeunes cerveaux ;
Yo, voilà mes roustons, suce-les comme des bonbons ; on se croirait presque dans un collège unique français… Les seigneurs du lieu sont les gorilles de l’équipe de basket, choyés comme des bœufs de Kobé, se sont ceux qui forniquent le plus... On veille, en outre, à les placer dans des cours adaptés, car se sont aussi les plus idiots. Viennent ensuite les membres des prestigieuses fraternités, les plus friqués et les plus cool
Au bout de la chaîne, les
looser , cette marotte protestante… Les moches, les « intellos », les pauvres… On a déjà vu ça en en regardant les kilomètres de feuilletons de merde diffusés à la télévision française.

Ce qui a éveillé mon intérêt, c’est la description des tensions communautaires au pays du politiquement correct. On apprend qu’une étiquette rigide doit être respectée sous peine de subir les pires sanctions sociales, disciplinaire ou juridique. Ce vers quoi on s'achemine en France.

Camille Deng, une petite chinoise féministe anti-raciste en joue en virtuose lors de cette algarade entre elle et un joueur de « crosse » (ou lacrosse) :

[ c'est Camille qui parle à UN joueur]
_ Attends que je te le dise autrement : tu prends ta raquette de crosse, connasse, et tu te la mets dans le cul par le filet, connasse, et tu pousses jusqu’à ce que t’aies ramené toute la merde dans ta gueule, connasse »
Le géant, devenu tout rouge a fait un pas vers elle.
( …)
_ Vas-y touches-moi seulement une fois et tu auras une plainte pour harcèlement sexuel et voies de fait qui te fera dégager de Dupont en deux secondes, tu pourras rentrer chez toi et jouer avec ta queue made in america, connasse et bouffer la crème de tes petits copains – faisant un signe de tête vers ses comparse – une fois qu’ils t’auront giclé dans ta grande gueule de connasse.
Le gars s’est arrêté, frappé par la radioactivité des termes « harcèlement sexuel » et « voies de faits », dont il connaissait les retombées dévastatrices pour la carrière d’un sportif. Il méprisait cette meuf – trop sinistre et trop acide pour être appelée une fille – comme il n’avait encore jamais méprisé quiconque dans sa vie, mâle ou femelle.
« oh, sale petite Chinetoque de merde, tu…
_ Chinetoque ! a glapi Camille d’un ton carrément triomphant. Chinetoque ! Vous avez entendu ça ! – Elle regardait maintenant le géant stupéfait. – T’as pas pu t’en empêcher, hein ? Tu pouvais pas ! Il a fallu que tu… »
Elle a fait mine de se cisailler le cou du plat de la main en lui adressant un sourire inquiétant.
C’était comme si le type avait reçu le coup du lapin. Il avait pigé. Insulte raciste : cette vipère jaune l’avait baisé. A Dupont, c’était un délit plus grave que le meurtre avec préméditation.
(…)
_ Hé, faut qu’on trouve le nom de ce mec ! (…) Ce débile est foutu, terminé ! Un étron desséché ! Il aura de la chance si dans quarante huit heures il est encore étudiant à Dupont… - encore un petit rire mordant- Etudiant, tu parles ! (…) Il fera plus chier personne ! a exulté Camille. Pas à Dupont ! Ce crétin est de la barbaque pour les vautours ! Et vous êtes tous mes témoins pas vrai ?
Un beau passage sur le désir de meurtre qui habite de nombreux défenseurs du Bien…

Wolfy met d’ailleurs un point d’honneur à refuser le manichéisme. (Son idéal est d'avantage le sportif philosophe que l’intello têtard… Nostalgie de vieillard ?)
Les personnages secondaires sont même un peu trop systématiquement "complexifiés". A croire que Tom Wolfe se méfie lui-même de certaines accusations…
Je vous conseille la description du professeur « Quat » (tout un programme) qui à elle seule suffirait certainement à faire fermer ce site si je la retranscrivais.
Ecrit par un Français en France, ce livre aurait subit les foudres de la critique, pourtant ce bouquin a été encensé. Protégé par l’aura de Tom Wolf… ou plus vraisemblablement par le nombres de pages.

Frères vilains, méchants réacs, si vous avez un peu de temps à perdre, lisez donc ce livre, vous passerez tout de même de bons moments. Surtout ceux qui sont moins réfractaires au puritanisme que moi… Moins agacé par la fascination d'un vieux monsieur, et de tout un pays, pour les jeunes filles "pures". Les Charlottes ou les Britney...


(1) (traduit par neurobiologie en français, visiblement le violon d’Ingres de Wolfe qui lui permet, par l'intermédiaire de Charlotte, de se piquer de controverses "scientifico-théologiques" particulièrement ridicules.)



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Petit coup de gueule : Pocket a inventé le livre jetable. Encre dégueulasse, doigts noirs, bouquin qui s’autodétruit au fil de la lecture, la tranche s’arrondit, le papier se gondole, se froisse et on se retrouve avec un détritus à ranger dans sa bibli… Payer un tel prix pour un livre à usage unique, ça fait cher la plaisanterie.

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5 commentaires:

  1. Bonsoir Kroulik.
    Je ne sais pas si vous connaissez JC Michéa...
    Mais comme j'ai cru comprendre que vous partagiez avec moi un certain dégout pour la gôôôche et notre président hip hop (l'UMPS quoi), il me semble que ses thèses pouraient vous séduire.
    Le bonhomme explique très finement en quoi gauche sociétale et droite économique sont deux branches du même arbre ...Cet arbre étant le libéralisme né au XVIIeme, excluant toute morale au profit du "vivre et laisser vivre" (le droit) d'une part et de la "main invisible" (l'économique) d'autre part... Les dites branches finissent forcément par se rejoindre (1968 semblant un bon point de jonction), avant d'aboutir...au merdier qu'on sait.
    A découvrir au plus vite, si ce n'est déjà fait.

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  2. Excellent, et avant lui Christopher Lasch aussi...

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  3. Ouais!
    La preformance de Cali offre d'ailleurs une délicieuse illustration de ce qu'est vraiment cette gôche et de ce qu'en ont dit Lasch, Michéa, et dans une moindre mesure Soral et Zemmour...Elle s'est tellement englué dans le laisser-faire et le "tout égale tout", qu'elle ne produit plus que des idiots chantants du système. Etre de gôche c'est être "ouvert" (euh...jusqu'à quelle heure?), parler aux arbres...être de gauche c'est être sensible, c'est comprendre les dauphins...c'est trouver BHL "très interessant"...c'est se dire qu'au fond "bah chacun fait cki veut on est en démocratie" (demain je me greffe une bite sur le front)...
    Le rapport capital/travail? quoi? Ah oui mais non, ça c'est un truc d'intellos, et les intellos sont de droite, puisque les rebelles sont les cancres. D'ailleurs, je sais pas si vous êtes au courant, mais la grammaire et les maths, c'est de droite, tandis que la philo, ben c'est de gauche. Heidegger doit reposer en paix.

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  4. Même certains communistes cherchent à rompre avec le monde du travail. Pour se concentrer sur les seuls débats qui valent la peine aux yeux de ces branleurs : les conneries médiatiques.

    Les sans -papiers, le sexisme, l'anti-racisme, la "diversité" obligatoire etc..

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  5. Ouais, le societal, en somme...(n'oublions pas nos amis homosexuels, qui bien sûr constituent une entité sociologique homogène)

    En fait voici l'axe de reflexion des gentils:

    http://www.dailymotion.com/relevance/search/la%2Bphilo%2Bselon%2Bphilippe/video/x44roz_la-philo-selon-philippe-ep-1-partie_news

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Attention, lapin méchant!