Toi aussi fais rugir le lapin qui est en toi : abonne-toi --> ou ça
AVIS à la population: je ne publie plus un seul commentaire "anonyme"
ça ne coûte pas grand chose de mettre un pseudo dans une case.

La vidéo à grandes oreilles qui te croque le cerveau :

mercredi 14 mai 2008

Quand Zemmour cite Hocquenghem...

...et se livre à une analyse marxiste dans les pages du Figaro:



Du col Mao au Rotary

La vague hédoniste de Mai 68 a favorisé la société de consommation. Et l'idéal libéral-libertaire a permis à certains soixante-huitards de faire carrière.

Karl Marx nous avait prévenus. Les événements historiques se répètent deux fois, la première en tragédie, la seconde en farce. Les enragés de Mai 68 avaient l'impression d'ajouter une page à celles, déjà glorieuses, des révolutions françaises : 1793, 1848, la Commune. En face, le général de Gaulle les avait précédés : mai 58 fut un Brumaire parfait. Et le voyage à Baden-Baden sera une fuite à Varennes réussie.

Un Mai 68 peut en cacher un autre : le combat décisif se déroule au sein de la gauche entre gauchistes et communistes, pour le contrôle de la classe ouvrière. Tout pousse communistes et gaullistes à une alliance objective : les souvenirs de la guerre ; la prédilection du grand frère soviétique pour la politique d'indépendance du Général ; et, plus profondément, une même conception du monde, qui repose sur le respect des hiérarchies, la famille patriarcale, le patriotisme. En face, les « gauchistes » sont de farouches internationalistes ; les dirigeants étudiants, qu'ils soient libertaires ou révolutionnaires puritains, croient encore pouvoir concilier les revendications sociales et sociétales. Leur rêve est d'entraîner la classe ouvrière derrière eux. Ce que ne tolèrent pas les communistes. La CGT leur ferme les portes de Renault Billancourt. Cette rencontre manquée est une des scènes fondatrices de notre modernité politique. Dépités, les chefs du mouvement étudiant conserveront un ressentiment profond, aggravé lorsque les ouvriers finiront par accepter les généreuses augmentations de salaires octroyées par les accords de Grenelle. Les ouvriers ne seront plus à leurs yeux que des petits-bourgeois. Ils avaient manqué à leur destin révolutionnaire. Il faudrait « dissoudre le peuple ». Les uns tourneront leurs regards (ils avaient commencé lors de la guerre d'Algérie) vers le sud de la Méditerranée, et ces nouveaux « damnés de la terre » ; les autres se tourneront vers les femmes, « l'opprimée de l'opprimé ». Karl Marx - encore lui ! - avait jadis analysé le rôle de « l'armée de réserve du capitalisme », qui accepte un salaire inférieur pour un travail similaire, et permet au patronat de contenir les revendications salariales des ouvriers en place. A partir des années 70, l'entrée massive des femmes et des immigrés sur le marché du travail tiendra ce rôle-là.

Mais les soixante-huitards n'en avaient cure. Ils étaient passés à autre chose. Les plus farouches, sans doute les Saint-Just ou les Baader qu'on n'aurait pas, s'en allèrent quérir auprès de Dieu la quête d'absolu que la politique n'avait pu leur donner. Les plus stratèges se convertirent à la religion des droits de l'homme, et, au nom de la lutte antitotalitaire, passèrent d'un maître à l'autre, d'un empire à l'autre, de l'URSS (avec un intermède chinois) à l'Amérique. Leur seule constante fut l'aversion pour la France, jetée aux poubelles de l'Histoire. Les plus talentueux, les plus soucieux de reconnaissance sociale, réussirent dans la publicité, les médias, la communication.

Le triomphe du narcissisme

Ils furent les fers de lance du nouveau capitalisme, qui reposait sur la consommation, et non plus sur l'épargne, l'hédonisme et non le puritanisme, l'individualisme et non plus la famille. Dès les années 60, l'Américain Christopher Lasch avait bien montré comment le narcissisme individualiste servait les intérêts de la nouvelle aliénation capitaliste. Dès 1978, Régis Debray montrait comment les libertaires soixante-huitards, en détruisant la famille patriarcale, la nation, l'Etat, les frontières, avaient abattu les derniers remparts à la domination du marché.

Avec beaucoup plus d'efficacité que les révolutionnaires soixante-huitards, les patrons du CAC 40 et leurs délocalisations, les technocrates de Bruxelles et de l'OMC, imposeraient partout la mort des frontières et l'affaiblissement des Etats. Et rétabliraient ainsi des taux de profit minés par l'inflation et la hausse des salaires.

C'est ainsi que nos « enragés de mai » jouèrent le rôle finalement peu enviable - mais très profitable à la carrière de ses figures les plus médiatiques - « d'idiots utiles » du capitalisme.

SOURCE



3 commentaires:

  1. Je suis trader indépendant. Et je préfère encore être un capitaliste idiot et utile, qu'être un idiot-utile du capitalisme. ;-). Pour être plus sérieux, je dirais que cet article de Zemmour est une mise en forme des idées qu'il rabache toutes les semaines sur "On est pas couché".

    On sait tous que les Gauchistes sont des artisans de la décadence de nos société et de ce capitalisme fou. Mais les gauchistes ne peuvent rien sans les capitalismes eux même qui valident leur projet et sans une certaine complicité de la clique des technocrates français ou autres.

    RépondreSupprimer
  2. Ça me fait penser que j'ai acheté « la culture du narcissisme » et « la révolte des élites » de Lasch depuis trois mois et que je ne les ai pas encore lus. Sinon une bonne synthèse Zemmourienne !

    RépondreSupprimer
  3. Vazy Mero, mais fais gaffe quand même... Sauf si tu as du fion Bouton avec toi...
    Lasch c'est fantastique, surtout quand on sait quand il a écrit ses textes.

    RépondreSupprimer

Attention, lapin méchant!