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vendredi 10 octobre 2008

Bégaudeau, chantre de l'IUFM, vu par un vrai prof

Ce que j'ai pu lire de plus décapant au sujet de ce démagogue qui chante partout les merveilles du pédagogisme d' IUFM façon Meirieu, qui a fuit l'enseignement pour devenir riche en prétendant représenter ses anciens collègues et qui veut à présent racheter un club de foot...


SOURCE

J’ai trouvé ces deux heures de projection interminables et je pense ne pas avoir été la seule enseignante pour qui ces images furent une succession de séquences insupportables. Je me suis retrouvée confrontée à mes propres erreurs, à celles de mes années Meirieu, au souvenir de ces réunions d’équipe interminables où il fallait réfléchir beaucoup pour travailler dans la droite ligne de la nouvelle pédagogie. Un certain nombre de mes collègues suivaient alors une formation d’expert en sciences de l’éducation à la fac de Nanterre. (...)

De cette errance, je garde la certitude de l’égarement de toute une génération d’enseignants qui, aveuglés par les discours innovants des conseillers pédagogiques post soixante-huitards investis d’une mission révolutionnaire par les IUFM de l’époque, ont contribué à la destruction du rapport d’autorité entre l’institution et l’élève, entre le savoir et l’ignorance.

Tout au long du film, on assiste à l’affligeante prestation d’un professeur de français face à des élèves de 4e dont l’ignorance, l’impertinence et la stupidité n’ont d’égale que la haine de tout ce qui ne leur ressemble pas. Devant tant de compromission démagogique, tant de compassion de la part du professeur, devant la violence des scènes qui sont le quotidien de la vie ordinaire dans un collège parisien du 20e arrondissement, nous sommes pris au piège du questionnement inévitable : y a-t-il un message caché quelque part ?(...)

La réalité du terrain scolaire, « Entre les murs » nous la donne à voir à vif, avec la brutalité d’un documentaire. Elle est faite d’incivilités et d’impolitesses. Elle est faite de haine et de violence. Elle est faite de tout un fatras de bonnes intentions, de mauvaises décisions et d’aveux d’impuissance de la part d’un corps professoral démuni qui navigue dans les eaux troubles du crétinisme ambiant avec des certitudes de bons Samaritains et la conviction de servir encore à quelque chose.

Mais, à quoi servent-ils, ces enseignants formatés dans les IUFM et envoyés au casse pipe avec la bénédiction des inspecteurs d’académie planqués dans leurs bureaux ? Comment peuvent-ils continuer à instruire en faisant du social, en faisant de la psychologie pour adolescents tourmentés et des leçons de vocabulaire pour attardés mentaux ? Dans le film, François Marin est continuellement à l’écoute du mal être de ses élèves, il emploie l’ironie pour dédramatiser des situations de tension sans toujours avoir le dernier mot, il fait l’impasse sur les « jambon-beurre » et les propos racistes pour consacrer un maximum de minutes à son cours de français.

Les fortes têtes de la classe, celles qui manient avec grossièreté la provocation verbale en invoquant leurs droits au respect, celles qui parlent de discrimination dès qu’elles peuvent voir une injustice de la part du professeur, celle qui revendiquent leur droit à l’ignorance au nom d’une identité bafouée, celles qui disent « on n’est pas Français », ces élèves-là, on les retrouve dans la plupart des collèges et des lycées classés ou non en ZEP. Ils entretiennent ce sentiment de culpabilité qui envahit François Marin lorsqu’il apprend que l’élève qu’il envoie en conseil de discipline risque de retourner au Mali.

Mais à quoi sert la compassion quand on est dans un ring et qu’il faut être le plus fort ? A quoi sert la tolérance quand il n’y a plus d’autorité ? En pratiquant la pédagogie du dialogue, comme le fait François Marin dans le film, ces enseignants cautionnent, au nom de l’égalité des chances, au nom de la lutte contre l’échec scolaire, un système pervers où les élèves, censés recevoir les bases élémentaires d’une culture commune, n’ont de cesse d’interrompre le professeur, de mettre en doute ses propos, de faire de la surenchère à la provocation dans un jeu systématique de verbiage indigeste, d’exprimer ouvertement leurs états d’âme d’adolescents blasés, de se poser en victimes incomprises avec l’arrogance des incultes imbéciles.
(...)
Ce que le film de Laurent Cantat et le livre de François Bégaudeau ne veulent pas dire, c’est qu’il n’y a rien à espérer tant qu’on ne se débarrassera pas du carcan des bonnes intentions, tant que les enseignants rempliront des formulaires pour alimenter des dossiers de projets pédagogiques farfelus et donner du travail aux bureaucrates enfermés dans leur tour d’ivoire. Il n’y aura rien pour sauver le navire du naufrage tant que les syndicats d’enseignants entretiendront de fausses luttes et tant qu’on verra des François Marin patauger dans la compassion pour sauver quelques élèves en perdition.

Les dangers qui menacent notre école publique vont bien au-delà de ce qu’il faut dénoncer à travers les images consternantes de ce film. Jean Pierre Obin et son équipe avaient décrit ces dangers au cours de l’année 2004/2005 dans un rapport édifiant sur les signes et manifestations d’appartenance religieuses dans les Etablissements scolaires. La ghettoïsation, le communautarisme, le racisme, l’antisémitisme, les atteintes à la laïcité, les violences de toutes sortes qui sévissent « entre les murs » de notre école publique y étaient passés au crible. Le constat était déjà globalement catastrophique. On peut se demander pourquoi le rapport Obin a été si rapidement renvoyé aux calendes des oubliettes. Une vingtaine de personnalités ont commenté cette enquête dans un ouvrage collectif publié en 2006 et qu’il est toujours utile de lire « L’école face à l’obscurantisme religieux » (5). Aujourd’hui, si cet état des lieux était réactualisé, le bilan serait bien pire.
(...)

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