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La vidéo à grandes oreilles qui te croque le cerveau :

dimanche 15 mars 2009

Emmanuel Todd " Après la Démocratie "

Une "kroulikette", copine de mon troll vigilant personnel, a posté ça... Je crois qu'elle n'a pas tout capté à mes goûts et mes dégoûts... Ou bien c'était pour me faire plaisir... En tout cas, je multiplie les vigilants à vitesse grand V...
Appelez-moi super-lapin..








10 commentaires:

  1. Tiens ce lien K

    J'adore particulièrement cette thèse :

    http://www.dailymotion.com/video/x7i85f_emmanuel-todd-parle-dapres-la-democ_news

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  2. Toujours très intéressant, Todd.

    Sur l'Europe, sur la Chine et l'Inde, il est bon. Très bon quand il s'agit de dézinguer Sarkozy et ses camarades.

    Mais comment peut-il ne faire absolument jamais aucune mention des fractures identitaires qui fragilisent les sociétés européennes ? Comment peut-il se comporter comme les cadres du PS, qu'il brocarde par ailleurs, et ne jamais parler d'immigration que comme d'un fantasme droitier alors qu'il parle lui-même de "desoccidentalisation du monde" ?

    Comment peut-il comparer les bagnoles de bourgeois en 68 et les heurts qui éclatent partout en Europe sur fond de revendication ethnico-religieuse ? Les quartiers entiers qui partent en flammes, même au Danemark et en Suède ? Les manifs pour la Palestine ? Les manifs contre les caricaturistes ? Les manifs ouvertement islamistes à Londres ou des policiers sont tabassés ?

    Comment peut-il simplement faire semblant d'ignorer la lame de fond identitaire qui pousse les afros à se regrouper entre eux, les arabes à se regrouper entre eux, les blancs entre eux, les asiats entre eux, etc, ?

    Il me semble, Kroulik, que vous n'êtes pas trop dans le trip identitaire ; moi non plus d'ailleurs.

    Mais à partir du moment ou on est fondamentalement en désaccord avec Todd sur la question de l'Islam (sans fantasme aucun, simplement en se basant sur la plupart des études démographiques existantes), comment ne pas virer identitaire ?

    En prenant conscience de sa disparition prochaine en tant que peuple souverain (en partie pour des motifs économiques évoqués par Todd d'ailleurs), comment ne pas s'inquiéter pour l'avenir de ses descendants ?

    Démographiquement les blancs sont perdants. Idéologiquement les blancs sont perdants (contrairement à ce que prétend Todd, nous ne sommes pas sûrs du tout de ce que nous sommes : notre culture nationale est anémiée, nous avons inventé l'ethnomasochisme et le pratiquons avec zèle, la simple mention du mot "racisme" fait reculer la plupart des blancs, etc).

    Il n'a de cesse de répéter que "les peuples sont pas la même chose" en parlant des anglais, des allemands et des français, mais à aucun moment il n'a l'air de penser qu'il existe des différences notables entre pakistanais et anglais ou entre marocains et français.

    Or, je me trompe peut-être, mais je suis à peu près persuadé que la plupart des français et des allemands se trouvent bien plus de points communs entre eux qu'avec les héritiers de l'islam. Et que les héritiers de l'islam se trouvent bien plus de points communs entre fils d'algériens et de marocains qu'avec les fils de la chrétienté.

    La rue, la vie en témoignent tous les jours.

    Comment ignorer que la République française ne tiendra pas le choc face à des cultures qui se moquent absolument de ses idéaux et tendent à imposer les leurs envers et contre tout ?

    Malrieu et Michéa, et même Debray me semble-t-il, sont plus réalistes que Todd sur toutes ces questions. Même Onfray ne se fait pas d'illusions, c'est dire.

    Avec un ami, grand lecteur de Todd, nous évoquions la mention de Benoit Hamon (saluée ici par Todd). Extrait :

    " - Et les 70 millions d'immigrés africains que la mention prévoit de faire venir en Europe, t'en penses quoi ?

    - 70 millions de consommateurs en plus ou en moins... "

    C'est un peu l'impression générale que donne Todd : brillant dans les cieux de la pensée analytique, mais détaché du réel, détaché du quotidien de plus en plus violent d'une société multiculturelle qui montre déjà ses limites. Un quotidien qu'il n'arrive pas, ou qu'il n'ose pas penser, lié qu'il est à ses statistiques antiracistes officielles.

    Z'en pensez quoi, Kroulik ?

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  3. Un maghrébin n'a rien à voir non plus avec un musulman indien (cf La situation en France et en Angleterre).

    Todd a Raison quand il dit que sur la masse, se sont des phénomènes très voyants et très localisé (mais aussi très brutaux), tort quand il fait effectivement comme le socialo de base en faisant mine de balayer ça d'un revers de main.

    Quant à cette fameuse "disparition", j'écoute poliment les différents point de vue, je regarde, je ne stigmatise pas les soi-disant "consanguins", j'imagine peut-être de la balkanisation.
    J'ai sans doute tort, mais je ne me sens pas pétrifié d'angoisse en lisant les prédictions des uns ou des autres.
    L'histoire est souvent imprévisible...

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  4. Il y a un tas de choses qui différencient le musulman pakistanais du musulman marocain. Certes. Mais il y a une chose terriblement puissante qui les unit.

    Concernant la balkanisation et la disparition, je vous sens moqueur (à raison, faut espérer), mais dans un cas comme dans l'autre, si la République cède ou que les prévisions en matière de substitution démographique se vérifient, il faudra réapprendre à nous communautariser, même si l'idée craint.

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  5. "une chose terriblement puissante qui les unit"

    Non, les musulmans sont beaucoup plus divers que tu ne l'imagines.
    Si on regarde e-deo c'est l'oumma rêvée par Ben Laden, mais en réalité, si il y a une fraternité mondiale incontestable des musulmans les plus fanatiques, des plus tarés (comme dans toutes les religions), il y a aussi une altérité totale entre les peuples et les sectes (pas très loin de nous, entre un kabyle musulman et un arabe musulman, entre un égyptien et un maghrébin, un iranien et un égyptien etc..).

    Une vidéo très drôle:

    http://www.dailymotion.com/video/x8ngj0_le-centre-zahra-n-est-pas-l-islam-i_news

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  6. Uns disparité incontestable (kabyle, arabe, iranien, etc), mais pas "totale".

    Pas totale, parce que sans même fantasmer l'oumma (il y a tant de tendances au-delà du simple schisme sunnites/chiites), il me semble que les faits (actualité, analyses, enquêtes, etc) prouvent qu'un musulman X se trouve aujourd'hui plus de points communs avec un musulman Y qu'avec un athée X ou un juif X (ce qui n'exclue pas les exceptions, la question n'est pas là).

    Ce qui explique, entres autres choses, que les musulmans français se sentent si bien dans les émirats et qu'ils y sont appréciés. Pas seulement parce qu'ils ont fait des études en France, mais surtout parce qu'ils "sont comme nous, comprennent notre culture et nos traditions".

    Il y a un lien invisible, spirituel, qui se moque du politique. Une communauté de destins intangible.

    Un penseur algérien du nom de Hamid Zanaz a écrit un ouvrage intitulé "Réformer l'islam ? Utopie d'une illusion caractérisée". Dans cet excellent livre, l'auteur, qui a beaucoup voyagé en terre islamique, explique très bien qu'il perçoit la même "mentalité culturelle" globale, due à l'islam, chez une foule de peuples différents, en-dehors de toute considération politique ou territoriale. Et il affirme que c'est elle qui maintient clouée au sol la pensée musulmane. Pas seulement à cause des élites, mais aussi parce que le peuple continue envers et contre tout à estimer qu'il n'existe qu'un seul livre qui vaille la peine d'être édité et lu.

    Et qu'à ce titre, face à l'adversité, un musulman pakistanais aura tendance à préférer la compagnie d'un musulman algérien plutôt que celle d'un incroyant.

    Si je ne crois pas qu'il faille penser le monde musulman comme un "tout", il est ubuesque de croire qu'une culture comme l'Islam, aussi enracinée dans les esprits et dans les corps, ne tisse aucun lien entre ses adeptes.

    Il faut penser théologie, pas sociologie.

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  7. Justement, il n'y a pas de théologie islamiste, il y a des pratiques historiques qui n'ont rien à voir et sont liées aux sociétés.

    Le sunnisme+chiisme, c'est plus de onze sectes différentes. Et si tu rajoutes à ça les pratiques ethniques, locales...

    Ce que tu racontes sur la culture en terre d'Islam est assez semblable à ce qui se passe ailleurs.
    Il y a des fins lettrés et des amoureux des livres comme partout. (Les perses sont réputés grands lecteurs). Et face à eux, un peuple frustre qui ne lit rien. Va voir les américains de la "bible belt"...

    Moi qui ai voyagé en terre de France, je peux te dire que bien des gens se vantent de ne jamais lire de livre, ont une méfiance vis à vis de la culture, pensent que seul gagner de l'argent est une activité intéressante etc.. Et je ne parle même pas du rapport des petits Français au livre.

    Les immigrés Français des émirats sont de cette race particulière de missionnaires du capitalisme. Des apatrides qui ne pensent qu'au pognon (contrairement à ce qu'ils racontent en se drapant de religiosité hihi). tu crois vraiment que c'est les mosquées tous les dix mètres qui les ont décidés?

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  8. J'arrête de vous gonfler avec ça (je sens que ça vous barbe), mais je conclue en disant que je ne suis pas d'accord sur le fond.

    La question centrale étant :

    “Faut-il croire à la théologie, et donc à l’Oumma, la communauté transnationale des croyants qui les rassemble et les transcende, ou plutôt à la sociologie qui établit que la plupart des nations musulmanes sont infoutues de se mettre d’accord entre elles sur le plan politique, et par conséquent ne sont pas dangereuses (ou encore que la racaille de banlieue est américanisée avant d’être islamique, c’est la même logique) ?”

    J'ai peut-être tort, et mes opinions seront peut-être amenées à changer, mais au jour d'aujourd'hui, avec les informations en ma possession, j'estime qu'il existe un fond culturel extrêmement puissant, extrêmement prégnant, qui participe de l'être de chaque musulman et façonne son regard sur le monde d'une manière si forte qu'elle est capable de surpasser les dissensions politiques.

    Je crois qu'il existe, au-delà des conditions spécifiques de la pratique du pouvoir des différentes nations musulmanes, un lien très fort, un même élan vécu par chaque croyant à son niveau, selon ses capacités intellectuelles, son niveau culturel, son statut social, son engagement religieux, etc. Une façon de vivre une expérience spirituelle et civilisationnelle en commun.

    Le genre d'élan métaphysique qui conduit à souhaiter l'avènement d'un califat mondial, pour ce siècle, le suivant ou celui qui suivra, "inch'Allah". Et cela en dépit des considérations temporelles.

    Je crois qu'il existe un lien si fort entre le musulman et sa matrice culturelle que même les plus égarés, les rappeurs américanisés par exemple, sont contraints d'y revenir un jour ou l'autre. Ce qu'ils font massivement, d'ailleurs.

    Parce que la théologie, la crainte métaphysique, est plus profonde et plus puissante que la sociologie, fut-elle tout à fait éclairante.

    Chaque croyant vivant cela à la mesure de son niveau de conscience.

    Les grands monothéismes ne survivent-ils pas grâce à leur capacité à tisser un lien entre le croyant d'hier et celui d'aujourd'hui, malgré le poids des siècles ?

    C'est pour cette raison que nos français musulmans expatriés sont ravis à l'idée de trouver une mosquée tous les 500 mètres. Des apatrides, qui ne pensent qu'au pognon, certes. Mais qui préfèrent faire du pognon en terre d'islam plutôt qu'en terre chrétienne : ça leur permet de mieux concilier vie professionnelle et obligations religieuses.

    Mon propos est peut-être informe, mais en bref, il me semble qu'il y a un "lien" dont la sociologie (ou l'analyse froide, ou ce que vous voudrez) peine à concevoir la teneur.

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  9. Non, je trouve ça intéressant, la seule chose que je regrette, c'est que j'ai une vague impression de discours copié/collé..

    Vu depuis ma fenêtre, les musulmans français ne sont pas si théologales que ça quand ils appartiennent à la classe moyenne. Ils sont bien sécularisés eux aussi. Ils pensent surtout à leur salaire, leur train de vie et les prochaines vacances qu'à la Oumma.

    Il n'en va pas de même pour les quartiers à problèmes à forte concentration de pauvres, de blédards clandos incultes et de sous-prolétaires.

    Très perméables aux idéologies des lendemains qui chantent (si tu me suis).

    Seulement, l'inculture touche tout le monde, les jeunes juifs aussi font chier le marin et redécouvrent le chemin de la synagogue. Eux aussi sont violents et insupportables avec leur tefillim et leur techouva (à vos souhaits). Je parle de ça parce que je connais un peu le 19ème.

    Bref, le problème de fond reste toujours l'immigration et la baisse de niveau, plus que la force obscure de la oumma.

    Quelle est la grande victoire des intégristes? Le truc que Sarko leur a donné et le... hallal... or, comme par hasard, ce hallal qui existe depuis à peine 10 ans en France est un énorme bizness.
    Quant au voile, si les adotes en manque de rebellitude ne s'en était pas emparé, les barbus cradingues en kamiss auraient toujours pu gueuler... Ils n'auraient réussi que là où ils sont fort: dans la misère des bas-quartiers.

    Si on arrête l'immigration, qu'on expulse les imam pas Français, qu'on revienne à la loi de 1901 et qu'on renvoie les blédards au bled... Tu crois vraiment que la Oumma continuera à nous emmerder?
    Non. Comme quoi, avant de s'en prendre aux musulmans, il faut impérativement jeter les politiques en place dans des culs-de-basse-fosse... Voir pire.

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