Toi aussi fais rugir le lapin qui est en toi : abonne-toi --> ou ça
AVIS à la population: je ne publie plus un seul commentaire "anonyme"
ça ne coûte pas grand chose de mettre un pseudo dans une case.

La vidéo à grandes oreilles qui te croque le cerveau :

lundi 20 juin 2011

Le temps des assassins


(...)

La réalisation de l'Europe suppose, après la disparition des États-nations - ce premier temps d'une sombre dialectique -, la réalisation d'un fédération appelée tôt ou tard à s'y substituer intégralement : avec sa Constitution, son Parlement, son Chef d'État, ses lois, son droit, l'Europe prépare et annonce l'inéluctable gouvernement planétaire dont l'euro et l'Europe ne sont que les prémisses indolores. A terme, le libéralisme vise l'empire sur la totalité des terres et des peuples de la planète. Nous sommes à l'aube de ce nouveau colonialisme.

Or la monnaie commune ne justifiait pas la monnaie unique. D'autant qu'avec la monétique et les cartes bancaires, nous disposions déjà d'une réelle monnaie planétaire - et pas seulement locale, comme l'est l'euro sur sa zone limitée aux intérêts du club des pays industrialisés et bourgeois. L'argent libéral dispose désormais de ses icônes, de ses fétiches : libéraux de gauche et libéraux de droite, qui se partagent alternativement la gestion et l'administration du capitalisme, communient dans ces symboles. Leur pain et leur vin, leur eucharistie...

Notre période doit donc se vivre - soyons hégéliens, une fois n'est pas coutume... - sur le mode de l'achèvement d'un cycle. Fin de siècle, de millénaire et de civilisation. La naissance de l'euro témoigne paradoxalement du trépas de la prééminence de l'Europe dans le monde. Devant le cadavre de cette entité défunte, les pièces et billets valent certificats de décès, pas de naissance. On croit faire l'Europe, en fait on embaume son cadavre avant dépassement, négation et accomplissement de cette ancienne figure dans une gouvernance planétaire appelée de ses vœux par le libéralisme et ses prêtres - marchands, banquiers, financiers, économistes, boursiers, politiciens...

Déjà les marchés, les transactions, la circulation des flux qui, eux, ignorent les nations, se moquent des frontières et des patries - puis de ceux qui souffrent en victimes du capitalisme -, témoignent de cette nouvelle religion : il y eut les pyramides égyptiennes, les temples grecs, les forums romains, les cathédrales européennes, il faudra désormais compter avec les bourses des mégapoles. Le libéralisme est une religion, l'euro son prophète, la planète, son territoire... Voici venu le temps des assassins.

(...)

La philosophie féroce - Exercices anarchistes - Onfray, 2004.

1 commentaire:

  1. J'ai voté NON à l' Europe !!!!...en bloc et convaincue ..
    Maintenant , je suis comme le petit chinois ...assise au bord du fleuve ...

    RépondreSupprimer

Attention, lapin méchant!